10 août 2013

Un nouveau modèle de pliage et reliure

Toujours de l'accordéon...

En visitant la très belle exposition "Délires de livres" en mai cette année (cf l'article sur le sujet dans la partie Calligraphie), j'avais remarqué un type de reliure avec un pliage accordéon qui m'a tout de suite séduite : il s'agissait de l'ouvrage de Marjon Mudde "Aimables dames", reliure accordéon d'inspiration médiévale.
Si vous voulez aller voir l'original, il se trouve sur ce blog (il y a d'autres belles choses à voir avec ce lien...)
Dès que j'avais vu cette réalisation, je m'étais dit que cela ferait une très belle idée pour réaliser des ouvrages personnels de calligraphie avec un peu de reliure autour.

J'ai donc maquetté cette idée et je vous en montre le résultat. Je n'ai pas copié le format du modèle de Marjon Mudde, j'ai préféré passer à un format plus rectangulaire que je trouve personnellement plus adapté à la calligraphie. 

En position fermée, vue du dos :



Et déplié :



Voici un détail de l'emboitement entre un premier pliage accordéon (ici en violet) et le second qui vient s'intercaler entre les plis (ici en Ingres Arches blanc) :

C'est une très bonne idée de reliure car on peut avoir un objet qui ne prend pas de place, et qu'on peut aussi déplier en entier.
Je ne sais pas comment Marjon Mudde a réalisé en détail sa reliure, mais dans ma maquette :
- le pliage accordéon du papier blanc est cousu à un seul endroit, dans le pli vallée du milieu du leporello violet,
- les plis montagne du leporello violet sont recouverts au verso de petits onglets de papier japon à la colle, afin de donner un aspect plus coloré au dos de l'ouvrage entre les lanières de cuir lorsqu'il est fermé, et aussi pour masquer le fil de couture,
- les deux lanières de cuir qui forment le dos sont "prises en sandwich" entre deux cartes recouvertes du papier de couverture,
- je n'ai pas mis le petit élastique qui est sur le livre de Marjon Mudde (en tête, en queue peut-être aussi mais cela ne se voit pas sur la photo). Je n'avais pas de problème de fermeture.

Les couleurs de papier, onglets,... de cette maquette ne sont pas très optimisées, mais j'ai fait avec quelques chutes qui me restaient et, dans mon esprit, il s'agit uniquement d'une maquette de reliure.
De toute façon, pour un ouvrage final, il me semble plus judicieux de réaliser la calligraphie et le décor sur papier avant la reliure.
L'ouvrage de Marjon Mudde est bien plus élaboré que le mien  en terme de fermeture, et il va falloir que j'étudie un système différent du sien pour ma réalisation personnelle finale. Peut-être avec une autre bande de cuir et un bâtonnet, dans le style de ce que j'avais fait sur "Prévert en accordéon" ?

Merci à Marjon pour ses belles idées et ses superbes réalisations de livres d'artistes.

30 avril 2013

Prévert en accordéon



Voici un petit ouvrage alliant reliure et calligraphie, réalisé il y a quelques temps, et que je n’avais pas encore eu le temps de mettre sur le blog.



 
Il s’agit d'une calligraphie reliée de la poésie de Prévert « Etre ange c'est étrange », une poésie amusante, réalisée sur un leporello tout en longueur.

Le pliage en accordéon est collé sur l’un des plats et laissé libre à l’autre bout avec le même papier que celui qui recouvre l’intérieur des plats collé sur la première page.


 
La calligraphie est réalisée en cursive romaine, si contemporaine dans son aspect, une écriture que j'aime bien et que j’utilise souvent.

Des onglets de couleur sur papier japon ont été collés un pli sur deux afin de rendre le pliage plus joli lorsqu’il est fermé.


Et voici une vue en hauteur du bidule...


C’était une première maquette, j’avais dans l’idée de faire plusieurs calligraphies de poésies de Prévert (un de mes poètes préférés), de les relier toutes de la même manière et de les mettre dans un coffret, mais voila... c’est une affaire de temps (pas libre)...



Et pour celles et ceux que la poésie intéresse, voici le texte intégral de celle de cette réalisation :

Être Ange
C’est Étrange
Dit l’Ange
Être Âne
C’est étrâne
Dit l’Âne
Cela ne veut rien dire
Dit l’Ange en haussant les ailes
Pourtant
Si étrange veut dire quelque chose
étrâne est plus étrange qu’étrange
dit l’Âne
Étrange est !
Dit l’Ange en tapant du pied
Étranger vous-même
Dit l’Âne
Et il s’envole.

25 juillet 2012

Réalisation d'un album photo

Album en reliure japonaise.

Le point difficile, dans un album photo, c'est d'adapter la hauteur de la reliure des pages sans photos pour que, une fois les photos collées, l'album soit plat, ferme bien,... etc
Et quand cet album photo contient toute sorte de documents glanés au long d'un voyage avec en plus quelques petites mises en valeurs de certaines photos par du scrap simple, l'affaire peut s'avérer délicate.
Comment procéder dans ce cas ?

Voici une méthode qui permet de réaliser sereinement son album sans se poser de questions, avec l'aide d'une reliure japonaise.


Il faut d'abord couper les pages pour l'album.
Personnellement j'achète de grandes feuilles de papier de couleur (50 x 65 cm) que je coupe en 2 au massicot, puis que je plie en 2, ceci pour obtenir 1 cahier de 25 x 32,5 cm.
Cette dimension permet de mettre 3 ou 4 photos (cela dépend bien sûr du format des photos) sur un côté de feuille.
Un exemple pour un futur album photo de voyage au Rajastan (Inde). J'ai choisi d'alterner 2 couleurs de papier qui rappellent les couleurs des colliers d'oeillets d'inde très répandus.



Ensuite, je colle mes photos, mes bidules rapportés de voyage, je fais un peu de calligraphie et de scrap simple sur quelques photos, sans me préoccuper de l'épaisseur de ce que je mets dans mon album.
Je numérote mes double-pages au crayon à papier dans un petit coin pour ne pas perdre l'ordre dans lequel elles devront figurer dans l'album.
Je coupe des bandes de papier pour faire des onglets dans un papier assez épais (> 160g) de la même hauteur que mes pages d'album et d'une largeur du double de celle que je veux avoir pour ma reliure japonaise.
Voici un exemple de pages et d'onglets pour un album photo d'un voyage en Afrique du sud :



Une fois l'album réalisé sur les feuilles, je mesure au palmer l'épaisseur réelle de chaque feuille pliée en 2 avec les photos, je couds l'onglet de manière classique comme pour une reliure japonaise de livre, et j'adapte la hauteur de chaque onglet à la hauteur de sa feuille en insérant de la carte lors du collage.

Voici un exemple d'une feuille avec son onglet et la carte pour l'une des pages de l'album :



Il faut faire cette opération pour chaque feuille, passer les feuilles + onglets au massicot pour les mettre toutes à la même longueur, coller ensuite tous les onglets entre eux et faire l'habillage du bloc d'onglets collés.

Une fois le bloc d'onglets habillé :




C'est presque terminé...
Réaliser les 2 plats de l'album comme pour une reliure japonaise et les coller au bloc d'onglets.

Et voila, les photos sont à l'abri dans un album personnel plein de beaux souvenirs.
La reliure réalisée pour cet album est très simple, en skivertex imitation autruche (il y en a beaucoup dans la région du Cap), mais il est tout à fait possible de réaliser des reliures plus complexes et plus décorées.

L'avantage de ce type d'album photo est qu'il s'ouvre très bien et met bien les photos en valeur.



20 juillet 2012

Réalisation d'un petit carnet de voyage

Souvenirs graphiques...

 


Lorsque l'on part ou que l'un de nos proches part en voyage, il est bien agréable d'emporter un petit carnet pour y dessiner quelques lieux qui nous ont plu, des fleurs rencontrées en chemin, noter des impressions, des anecdotes, ... que sais-je ? Tout ce qui fait le charme d'un voyage.

Et si ce petit carnet ne ressemble pas à ceux que les autres dessinateurs - voyageurs ont emporté avec eux comme nous, c'est encore mieux.

Pour ce petit carnet voyageur, j'ai adopté la technique de reliure à mors ouvert. C'est une technique qui permet une ouverture maximale, un point important quand il s'agit de dessiner, ou d'écrire.

J'ai choisi du papier de bonne qualité et assez épais (160g), dans ce cas du papier Vergé, afin de pouvoir dessiner (et gommer) sans abimer le papier et afin que l'objet ait une belle allure.
J'ai intercalé un cahier simple réalisé avec des feuilles de papier de couleur (même grammage) à intervalles réguliers entre les cahiers de feuilles blanches :

et j'ai collé des onglets en papier japon (décoré à la maison avec la même technique que les papiers à la colle) sur le dos de chaque cahier.

Ensuite, j'ai fait une couture sur ruban (du vrai ruban...).



Il ne reste plus qu'à couper des cartons de la taille exacte du bloc livre, à les couvrir, à combler l'intérieur pour compenser l'épaisseur de la peau de couverture et à coller un beau papier sur le contre-plat (fait maison à la colle).
Pour couvrir ce carnet, j'ai utilisé des chutes de doublure de peau (les restes suite à une parure), cela donne l'impression que le carnet est en daim en choisissant bien l'endroit dans la doublure.

Et voilà, la reliure est terminée :




Pour donner une touche de personnalisation au carnet, j'ai collé des bandes de papier sur la première page et j'ai fait une calligraphie en cursive romaine.


Le carnet est prêt pour recueillir de belles impressions de voyage...

Dans la lancée, j'en ai fait d'autres sur le même principe, avec quelques variations dans les couleurs :

 Dans l'un des carnets, je me suis même amusée à mettre quelques perles en décoration dans la couture des cahiers.




Un ensemble de petits carnets bien sympa pour de multiples occasions...